Glossolepis wanamensis Allen & Kailola, 1979 et Chilatherina fasciata (Weber 1913)

 

Famille :          Melanotaenidae

Nom scientifique :      Glossolepis wanamensis Allen & Kailola, 1979 et  Chilatherina fasciata (Weber, 1913)

Origine :         Endémiques du lac Wanam, Nouvelle-Guinée

Taille :            12 à 15 cm

Aspect

Si ce texte parle de ces deux Melanotaenidae, c’est parce que ce sont les deux espèces endémiques du lac Wanam, lac très menacé par la déforestation, l’introduction des Tilapia et des Channa ainsi que les exploitations minières à ciel ouvert jouxtant l’endroit.

Les rapports de Gary Lange et d’autres scientifiques qui s’y sont rendus témoignent du fait que Chilatherina fasciata y a totalement disparu alors qu’il reste quelques populations de Glossolepis.  Néanmoins, un projet de repeuplement est en cours, coordonné par Heiko Bleher.

Chilatherina fasciata (Weber, 1913)est un Melanotaenidae de forme classique.  Les mâles de la forme du lac Wanam sont rouge brique, les couleurs s’intensifiant en période de frai et ne ligne indigo apparaissant sur les flancs, tandis que le front devient orange.  Les femelles sont grisâtres et plus allongées.  Une taille de 12 cm n’est pas rare mais tous les Chilatherina mettent du temps à atteindre cette taille.

Glossolepis wanamensis Allen & Kailola, 1979 est un poisson argenté avec des reflets vert à turquoise et doré.  Les mâles développent de grandes nageoires flottantes à reflets noirâtres.  Les femelles sont argentées.  Ils atteignent environ 15 cm.

Aquarium et comportement

On gardera les deux espèces de préférence dans un bac de minimum 100 cm de façade.  Les Chilatherinasont d’infatigables nageurs et nécessitent de la place d’autant plus que cette espèce domine souvent les autres cohabitants.  Les Glossolepis sont beaucoup plus calmes.  Les grands mâles peuvent néanmoins être querelleurs entre eux.  Si le bac biotope peut être envisagé, la tolérance de ces espèces à différents types d’eau (sauf les eaux douces et acides) permet de les maintenir avec beaucoup d’espèces.  On sera attentif à éviter les petits poissons qui peuvent être gobés par des adultes de nos deux espèces.  Des bouquets de plantes alternant les espaces de nage libre ainsi que quelques racines agrémenteront le bac.  L’eau sera très propre (changements d’eau hebdomadaires de 30 à 50 %).  Glossolepis wanamensis Allen & Kailola, 1979 est sensible aux mycoses pendant l’acclimatation.

Alimentation

Comme tous les poissons arc-en-ciel, ces deux espèces se ruent sur tout ce qui se mange.  Une fraction végétale de 40 % minimum sera donnée sous forme de spiruline, algues ou épinards.  Les Chilatherinabroutent d’ailleurs les algues sur les éléments du décor.

Reproduction

Ce sont des pondeurs continuels dans de bonnes conditions de maintenance.  La ponte se déroule dans les plantes. Des mops en laine seront utiles pour cacher les oeufs des parents, particulièrement voraces.  Les jeunes Chilatherina sont faciles à élever avec de micro nourritures les deux premières semaines.  Des nauplies d’artémia seront données par la suite.  Les Glossolepis sont plus délicats à faire pondre et les jeunes sont très petits mais passées les trois premières semaines, ils grandissent plus vite.  Tous deux sont matures vers 6 cm mais avoir des adultes nécessite des années.

Anecdote

Ces deux espèces ont failli s’éteindre tout à fait dans le hobby.  Marcel Dielen est en Europe un des seuls à avoir encore une souche pure de wanamensis.  Les Chilatherina ont été ramenés par un Américain du nom de Eric Bodrock qui les a reproduits et les a diffusés.

Posséder ces poissons est non seulement une rareté mais c’est aussi un devoir de les reproduire et de maintenir les souches.

Une souche de ces deux espèces est d’ailleurs maintenue à l’aquarium de Bruxelles.

Christian Van Belle